Calculs et lithiases urinaires chez le chat

17/12/2020

Calculs et lithiases urinaires chez le chat

Le syndrome du « chat bouché » est de plus en plus rencontré en médecine vétérinaire.

Ceci tient certainement au fait que les chats vivent actuellement plus souvent dans un milieu urbain, ont une longévité plus importante et font l’objet de soins plus attentifs de la part de leurs propriétaires.

Les origines et les causes de la maladie

Elles ne sont cernées que depuis peu. La cause primitive serait due à un stress décompensé. Le chat vivant dans un milieu inadapté compense par la mise en place de réactions neuro-hormonales. Ceci conduit notamment à la prise de poids qui est souvent reliée à un fort risque de lithiase. Lors des crises, le stress est décompensé, ce qui se traduit notamment par une irritation de la muqueuse vésicale, très douloureuse, entraînant de symptômes importants. Dans le cas de calculs de taille importante, les causes diffèrent en fonction de la nature du calcul. Il faut alors rechercher une cause métabolique ou un déséquilibre alimentaire face à une forte sensibilité génétique.

 

Les Symptômes

 

Ce sont ceux d’une cystite : irritation et léchage de l’aire génitale, douleur à l’émission d’urine, urines fréquentes, de faible volume, parfois teintées de sang, chat qui a tendance à faire à côté de sa litière... En cas d’aggravation, cela peut aller jusqu’à l’obstruction qui aura un fort retentissement sur l’état général : apathie (grande faiblesse), prostration, aucune émission d’urine, anorexie... Cet état est grave car pouvant entraîner une insuffisance rénale et rapidement la mort de l’animal. Il s’agit donc d’une urgence.

 

La Maladie

 

Les calculs urinaires, quelle que soit leur nature, sont des évènements assez rares chez le chat (3 à 4 fois moins fréquents que chez le chien). En revanche, nos félidés sont plus sensibles à la cystite idiopathique qui se complique le plus souvent par la présence de « sablose », une quantité importante de petits calculs qui vont conduire à une obstruction des voies urinaires basses.

 

La prévention

 

Elle est assez complexe. Il convient de toujours garder à l’esprit que le chat est à la fois prédateur et proie, et qu’à ce titre son milieu de vie doit lui permettre de se percher et de se cacher tout en observant. Il faut donc lui permettre de trouver des recoins dans son lieu de vie. En ce qui concerne les chats vivants en communauté, il est recommandé d’avoir au moins autant de postes (couchages, gamelles d’eau, de nourriture, de litière...) qu’il y a de chats. Sinon, un des chats risque d’être stressé par un environnement concurrentiel. Les récidives ont assez souvent lieu à l’entrée de l’été et de l’hiver : ceci est lié à des pertes en eau par voie respiratoire, liées à la sécheresse de l’air. Une alimentation adaptée est importante tout au long de l’année, mais durant ces périodes il peut être judicieux d’ajouter une fraction sous forme humide afin de compenser ces pertes hydriques.

 

LeTraitement

 

Lorsque le chat est « bouché », c’est-à-dire que les calculs obstruent l’urètre, seul un acte chirurgical sous anesthésie peut permettre de rétablir l’émission des urines. Un suivi de l’état général nécessite une hospitalisation. Lorsque les symptômes montrent des signes de cystite, le traitement est assez complexe. Tout d’abord il cherchera à limiter la douleur et le spasme (on a parfois recours aux morphiniques) pour gérer la crise. Il est également impératif de rechercher la cause, notamment en cas de cystite idiopathique où il faudra rechercher la cause du stress, la supprimer si possible ou traiter ce stress avec des anxiolytiques. Le traitement s’accompagne de mesures d’hygiène de vie comprenant une alimentation adaptée, idéalement humide, d’une mise à disposition d’eau (multiplication des sources), et d’un enrichissement du cadre de vie du chat.

 

Conclusion

 

Les maladies du bas appareil urinaire chez les chats sont des entités médicales complexes. La prévention comme le traitement passent par une bonne compréhension du mode de vie de votre compagnon. Ceci implique donc de fournir au chat un milieu adapté, une alimentation adaptée dans sa forme et son mode de distribution et parfois la mise en place d’un traitement approprié. Chez les chats qui ont déjà présenté un épisode, le risque de récidive est assez élevé, et un suivi régulier est recommandé.